> ## Content Index
> Fetch the complete content index at: https://www.wakestory.com/llms.txt
> Use this file to discover other available public pages before exploring further.

# Lequel des deux est le plus con ?
- URL: https://www.wakestory.com/lequel-des-deux-est-le-plus-con/
- Published: 2026-09-02T16:09:57.000Z
- Updated: 2026-09-02T19:12:32.000Z
- Author: Alain Villenave
- Tags: #fr, Vengeance, Mille roupies

Alors attendez, celle-là c'est mon grand-père qui me l'a racontée, et lui il la tient d'un vieux qui la tenait d'un autre vieux, donc autant vous dire que c'est du solide. Ça se passe en Inde, à l'époque où la monnaie c'était des annas, et j'ai demandé c'est combien un anna, il m'a dit c'est rien du tout, seize annas ça fait une roupie, et une roupie c'est déjà pas grand-chose. Voilà. Vous êtes calés maintenant.

Donc y'a un mendiant. Un vrai, pas un mec qui fait semblant, un mec qui a rien, à part un âne. Et cet âne, je vous jure, dans l'histoire il compte, parce que ce mendiant il aime son âne comme d'autres aiment leurs gosses, peut-être plus, franchement je le comprends, un âne ça te fait pas de crise à table.

Un matin le mendiant marche sur la route, et dans la poussière il voit un truc qui brille. Il se baisse, il ramasse, c'est une pierre, grosse comme ça, qui fait des éclats de partout. Un diamant. Bon, lui il sait pas que c'est un diamant, ou il sait à moitié, on s'en fout, ce qu'il voit c'est que c'est beau. Et là, c'est ça que j'adore, ce mec il trouve la plus belle pierre de sa vie et sa première pensée c'est pas moi, c'est pas manger, c'est son âne. Il prend une ficelle, il perce, il attache, et il accroche le diamant au cou de l'âne. Voilà. Pendentif. L'âne le plus stylé de toute l'Inde qui se balade avec une fortune sous le menton et qui en a strictement rien à faire, il pense à son herbe. Respect à l'âne aussi, au passage.

Et forcément, un jour, passe un bijoutier. Le premier. Alors lui, mon grand-père le refaisait avec une voix de serpent et il avait raison, parce que ce mec c'est un rat. Il voit le caillou au cou de l'âne, il devient blanc, il comprend direct ce que c'est, et il fait genre de rien. Il s'approche, il fait, oh, tiens, c'est mignon ça, la petite pierre de ton âne, allez, je t'en donne quatre annas, pour te dépanner. Quatre annas. Le mendiant, il est pauvre mais il est pas né du matin, il fait, huit. Huit annas ou rien. Et le bijoutier, au lieu de dire ok, parce que huit annas pour lui c'est même pas une miette, il fait le vexé. Il fait, huit annas pour un caillou d'âne, tu rêves mon ami, et il s'en va. C'est sa technique, vous voyez, il s'éloigne exprès, il se dit le mendiant va paniquer, il va me courir après, il va me supplier de reprendre mes quatre annas. Il marche lentement en plus, le fourbe, pour laisser le temps.

Sauf que. Sauf que pendant qu'il fait son petit cinéma de dos, y'a un deuxième bijoutier qui passe. Et lui, moi je l'aime bien. Il voit le diamant, il perd pas de temps à jouer la comédie, il va droit au mendiant et il fait, mille roupies. Cash. Mille roupies pour la pierre de ton âne. Vous imaginez le mendiant, le mec on lui proposait quatre annas y'a deux minutes, et là mille roupies, c'est genre, je sais pas, c'est le ciel qui s'ouvre. Il dit oui tout de suite, évidemment qu'il dit oui, il décroche le pendentif, il prend les mille roupies, tope là, terminé, chacun sa route. Voilà un homme correct, le deuxième bijoutier, il a mis le prix sans chipoter, tout le monde devrait faire les affaires comme ça.

Et là. Là c'est le meilleur moment. Le premier bijoutier, le rat, il a fini son tour de manège, il se dit bon, il a eu le temps de mariner, je reviens, je vais peut-être monter à cinq annas, grand seigneur. Il revient. Et l'âne il est là, tranquille, mais le cou de l'âne il est vide. Plus rien. Le mec il comprend, et mon grand-père disait qu'à ce moment-là il est devenu de toutes les couleurs. Il hurle sur le mendiant, il fait, espèce de fou, misérable, tu sais ce que tu viens de vendre, ce diamant il valait un million de roupies, un MILLION, et toi tu l'as lâché pour mille, t'es le plus grand fou que la terre ait porté.

Et le mendiant, il le regarde, tranquille, comme son âne, et il fait, moi je suis fou, d'accord. Mais toi. Toi tu savais ce que c'était. Tu le savais depuis le début. Et t'as même pas voulu me donner huit annas.

Et paf. Dans les dents. Mon grand-père à ce moment-là il tapait sur la table et il riait tout seul, à chaque fois, alors que c'est lui qui raconte, il connaît la fin, et il rit quand même.

Et le bijoutier il est reparti, et j'espère qu'il y a pensé toute sa vie, à ses quatre annas, j'espère qu'il en dormait plus. Mille roupies pour un mendiant, vous savez ce que c'est, mille roupies à l'époque, c'est énorme. Mon grand-père il savait pas ce qu'il en a fait, l'histoire le dit pas, mais moi je le sais. Moi je dis qu'il a acheté un deuxième âne. Un copain pour le premier. Et des colliers pour les deux, des faux, des brillants à deux annas, et qu'ils se baladaient tous les trois sur la route comme des rois, et que les bijoutiers qui passaient ils s'arrêtaient plus jamais, parce qu'on les y reprendrait pas, aux pierres d'âne.